Sacs à dos bouclés, le réchaud à gaz ? Tchèque !
Une paire de chaussettes de rechange ? Tchèque ! La tente ?
Tchèque ! Les noix et les abricots secs ? Tchèque !
Vous l’aurez compris, c’est avec du matériel Tchécoslovaque
que nous nous sommes lancés à l’assaut de la Kepler, une randonnée de 3 jours
dans le sud-ouest de l’île sud. Au programme, bah de la marche, si vous ne
savez pas en quoi consiste une randonnée à ce point je ne peux rien pour vous !
(Vous noterez l’absence de slips dans cette tchèque-liste !
Pas besoin on ne part que 3 jours !!)
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| Ça c'est Martin quand son slip il était frais du jour. Ça n'a duré qu'une journée... |
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| En rouge c'est le chemin qu'on a fait, en vert c'est les arbres, en bleu c'est la mer. |
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| La marche vue de profil ! |
Nous avons garé notre bolide sur le parking Rainbow Reach et avons commencé à mettre un pied devant l’autre. Sous la bruine. Un climat somme toute habituel pour un premier décembre en Bretagne.
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| Martin il a investi, il s'est acheté une cape de pluie vert kaki chatoyant ! |
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| Là il a l'air content d'être sec, mais en vrai dans 5 minutes il va la déchirer sa cape de pluie et ça deviendra un peignoir en sac poubelle.. Il sera moins content |
Après 9,5km, on a atteint un
abri et on s’est arrêtés manger. Le soleil n’avait toujours pas décidé de faire
d’apparition (cette diva !) et on a continué sous le ciel gris menaçant.
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| Première partie de la marche dans la forêt |
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| Il avait des fougères za foison ! |
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| Pis après on n'était plus à foison donc il n'y avait plus de fougères. |
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| Espèce rare : un sac à dos à pattes de prairie ! |
Heureusement pour nous il s’est mis à pleuvoir lorsqu’on a atteint le second abri 6,5km plus loin sur le campement de Brod Bay. On s’est donc réfugiés sous le préau qu’on a eu la joie de partager avec un demi-milliard de sandflies (dont vous vous souvenez surement la haine ressentie à leur égard !).
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| La petite cabane au fond ce sont les latrines ! Et devant c'est moi qui en revient en essayant d'oublier l'odeur.. |
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| Un petit thé ça réchauffe ! |
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| Allégorie de la joie. |
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| "devine à qui je pense" un jeu ne nécessitant ni cartes, ni plateau, juste beaucoup d'ennui.. |
5h plus tard, après que soient évoqués Mushu, l’âne Trotro, Patrick Balkany et Tchoupi lors d’une partie endiablée de « devine à qui je pense », on est rejoints par deux français et un israélien et la pluie cesse enfin, ce qui nous permet d’explorer un peu la plage, les alentours et surtout de planter notre tente !
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| La plage qui s'avérait moyen bof pour bronzer sur le sable.. |
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| Si vous vous demandez si toutes ces couches de vêtements sont bien nécessaires, la réponse est OUI ! |
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| Un spot de choix à l'abri du vent pour planter notre belle tente |
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| Il va faire tout noir... |
Le lendemain matin sur le pied de guerre ou plutôt sur le moignon gelé (parce qu’envelopper ses pieds dans sa doudoune ça ne marche que moyen pour combattre le froid), on se lève à 6h pour entamer notre 2ème tronçon.
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| La plage était bien plus jolie quand on a enlevé les nuages gris. |
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| Par contre ne laissez pas les jolies couleurs vous flouer : on se pelait sérieusement les meules ! |
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| Mais c'était drôlement beau ! |
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| Il nous fallait à présent monter.. |
On commence donc l’ascension dans la forêt jusqu’après la lisière pour arriver à Luxmore hut (1085m), où on s’arrête pour s’empiffrer de noix et fruits secs (est-ce qu’on dit toujours s’empiffrer quand c’est des trucs sains d’ailleurs ? Parce que ça a une connotation négative s’empiffrer quand même… Alors que là, on gloutonnait du carburant à jambes quoi ! C’était pour la bonne cause !)
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| La partie dans la forêt était sympa.. |
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| Ça grimpait dur.. |
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| On n'a pas escaladé le gros rocher hein.. |
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| Il y avait des escaliers ! |
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| Mais c'est vraiment une fois qu'on est sortis de la forêt que la vue s'est révélée spectaculaire! |
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| Il était encore tôt et il restait un peu de brume dans la vallée.. |
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| Mais elle s'est très vite dégagée et on a eu une excellente visibilité . |
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| Les montagnes d'en face. Elles ont un petit nom mais vous n'êtes pas encore assez intimes pour ça je crois.. |
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| Cette portion est plutôt abritée du vent, mais certains jours la visibilité est si mauvaise qu'il faut rebrousser chemin au sortir de la forêt. |
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| On était donc chanceux d'avoir une météo favorable. |
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| On a aussi vu des gens sauter cette étape et se faire déposer en hélicoptère directement à la hutte. |
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| Il faut être rudement riche pour être a ce point feignant. |
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| La fameuse Luxmore hut |
Mais on ne s’attarde pas bien longtemps, on remplit nos gourdes et on renfile nos sacs à dos, l’objectif est de continuer à monter, traverser la montagne sur la crête et redescendre de l’autre côté au campement d’Iris Burn. Depuis qu’on est sortis de la forêt on a des vues magnifiques sur les montagnes, le la Te Anau et la vallée. Et plus on monte, plus on en prend plein les yeux. Il faut avouer qu’on est chanceux avec le temps, car ceux qui ont fait cette partie là la veille voyaient à peine 50m devant eux à cause de la pluie et des nuages. On est bien contents de tomber sur ce créneau !
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| Vue de la hutte. |
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| Vue de la hutte 2 |
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| Panomanixme |
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| Piti lac |
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| La balade commençait à être rudement jolie avec la vue des fjords mais le meilleur reste à venir ! |
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| Un sac à dos à pattes de prairie dans la montagne. |
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| On a parcouru le chemin, on a tenu la distance... (les vrais comprendront) |
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| Autre piti lac. |
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| Après la hutte, ce n'était plus une ascension raide raide.. |
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| Disons que ça montait et ça redescendait, et réciproquement.. |
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| Presque la même photo que tout à l'heure mais pas tout à fait ! |
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| Idem. |
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| Le chemin est tout en bazar ! |
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| Faudrait qu'ils pensent à ranger leur montagne ! |
On arrive au sommet du mont Luxmore (1472m), où une superbe vue panoramique nous attend, ainsi qu’un Kea. On vous en a déjà parlé, c’est un perroquet des montagnes, une espèce endémique menacée. Il en reste environ 3000, mais ils ne sont pas peureux pour autant. Ces saletés viendront voler absolument tout ce que vous laissez trainer, et vous pourrez essayer d’y faire quelque chose : ils n’ont pas peur de vous. Et puis pas moyen d’y donner un coup de savate c’est protégé ! Mais si vous ne laissez rien trainer c’est un joli piaf qui tape volontiers la pose !
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| Un piège à possums. Parce que c'est des nuisible ça bouffe leur zoizeaux. |
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| Petite pause "marche sans sac à dos" pour aller jusqu'au sommet du mont Luxmore |
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| C'était pentu. |
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| Heureusement j'avais des bâtons pour m'appuyer. ça me prépare à quand j'aurais besoin d'un canne. |
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| Tu le poses, et tu fais des poses ! |
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| Le kea est nommé d'après son cri "Keeaaaaaaaa" |
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| Enfin j'imagine que ça s'est fait dans ce sens là. |
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| Il y a quand même peu de chances pour que l'oiseau se soit dit "tiens je vais crier mon nom ça va être marrant" |
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| Quoi que c'est assez malin comme bestiole. |
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| Bon celui-là il a l'air plus méchant que futé. |
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| Il est plus beau de profil je trouve (ce qui n'est pas le cas de tout le monde.. Oui c'est directement dirigé à certains.. Ils se reconnaîtront..) |
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| On vous a mis une Clélia à coté du pigeon pour échelle. |
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| Vue du sommet |
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| Que la montagne est beeeeelle. |
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| On était dans les alpages. Mais on n'a pas vu Romuald. |
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| Où allons nous ? Au shelter ! |
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| On a parcouru le chemin, on a souffert en silence... (vmvs) |
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| On se sentait tout petits. |
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| Ce qui n'est pas une grande nouveauté pour moi. |
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| Mais Martin il n'a pas l'habitude. |
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| Enfin après il m'a rattrapée et ça allait mieux. |
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| On n'a pas vu Athanase non plus. |
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| Il faut suivre les piquets oranges pour trouver la route. |
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| Mais les riches qui prennent l'hélicoptère ils prennent un guide aussi. |
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| Pour être sûr de pas se perdre. (on note feignants et peu débrouillards !) |
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| Waaaaaaachimbagnaaaaa Tabawouichidada ! |
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| On rencontre divers végétaux, des tussocks, des cailloux, et des trucs qui ressemblent un peu à des brocolis ! |
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| Notre route se poursuit sur la crête. |
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| Cette partie est plus dangereuse car on n'est plus abrités par les montagnes. |
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| Par vent fort, le chemin peut donc être impraticable |
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| Heureusement pour nous, le vent était juste suffisant pour qu'on ne sente pas notre propre odeur. |
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| Bah oui on passe 3 jours avec le même slip, on va pas changer de tee-shirt hein ! |
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| Un jour on pourra transmettre l'odeur avec les photos. |
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| J'ai hâte de vous raconter nos randonnées quand ça existera ! |
On continue notre périple jusqu’à l’abri d’Hanging Valley où on s’arrête manger un bout car ça fait près de 15km qu’on est partis ce matin, et ça fait quelques heures qu’on n’a pas repris d’abricots secs. On se réfugie bien vite à l’intérieur abrités des keas et sandflies qui veulent nous voler nos bâtons de marche, nos sandwichs ou bien notre sang.
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| Qu'est-ce keaaaaa ? |
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| Là on se rend pas trop compte que ça grimpe. |
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| Là mieux ! |
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| On voit le toit du refuge juste derrière le bout de montagne ! |
Un œuf dur et une tartine au cheddar plus tard, nous voilà repartis pour la descente ! Vous pensez qu’on est à la partie facile ? Qu’on allait dévaler la descente tel un enfant en surpoids sur un toboggan aquatique ? Et bien non, mes genoux qui douillent nous ont grandement ralentis (merci papa pour les gènes des genoux en carton !). On arrive quand même juste avant le déluge au campement.
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| Ils auraient pu installer un escalator quand même ! |
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| Un toboggan a la rigueur ! |
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| Ils ne font pas d'efforts ces Néo-Zélandais.. |
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| On a l'impression qu'il préfèrent les keas à nous. Quel toupet ! |
Bon la mauvaise nouvelle c’est que quand tu arrives juste avant le déluge, tu montes ta tente sous la pluie. On espérait d’ailleurs que la pluie battante allait nous débarrasser des saloperies de sandflies (elles te piqueront sur chaque millimètre carré où tu as omis de mettre de répulsif, y compris le dedans des yeux), que nenni ! On se met donc en mode automatique, bras droit qui fait l’essuie-glace pour chasser celles qui trainent devant nos visages angéliques, et le reste du corps aspergé d’insecticide et couvert autant que possible ! On se couche tôt, autant pour échapper à la 1ère plaie de Nouvelle-Zélande que parce qu’on est fatigués après nos 23km de la journée, 1500m de dénivelé positif, 1100 de dénivelé négatif. On s’endort donc bercés par le doux bruit de la pluie sur a toile de tente, rongés par la crainte qu’elle ne soit pas étanche ou pire, que les sandlfies qui vrombissent contre la moustiquaire trouvent le petit trou qu’il y a dedans et en profitent pour lancer l’assaut dans la nuit.
On est réveillés par le doux son d’un coup de tonnerre. Nos espoirs de la veille s’amenuisent au fur et a mesure que l’on prend notre petit-déjeuner sous la tente pour pas sortir sous la pluie. On se dit que le déni ça doit quand même bien marcher si on regarde par exemple l’attitude du gouvernement face à ses responsabilités dans la crise socio-économique actuelle ou alors son inaction face au changement climatique, on a pensé que manger des tartines de beurre de cacahuète au sec en pensant très fort « soleil » ça allait surement nous sortir de là.
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| La mousse qui recouvre absolument tout est un bon témoin des 200 jours de pluie par an de la région. |
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| Soirée mousse sur le cailloux ! |
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| Au détour de la rivière ! |
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| Vue sur Iris Burn valley qu'on doit traverser pour retourner là où, on l'espère, nous attend notre van. |
Raté, on s’est bien fait tremper en sortant. D’ailleurs en lisant ça aujourd’hui j’espère que vous passez une chouette journée de grève, et pour le gouvernement français aussi ce sera la douche froide !
On a replié notre tente (qui goutte toujours sur le sol du van si vous voulez tout savoir), on a pris notre courage a deux mains, et on est partis pour le dernier tronçon de marche dans la forêt. Notre descente dans la vallée longeait une rivière la veille calme et tranquille, et qui s’était, à cause des précipitations de la nuit, transformée en torrent tumultueux et tonitruant #allitération.
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| Il y avait des cascades de partout. Parce qu'il avait rudement plu. |
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| C'est moins rigolo le tramping tout trempé ! |
La première heure on a slalomé entre les flaques qui parsemaient le chemin. Puis très vite il s’est avéré qu’on ne les contournerait pas toutes et qu’on mettait beaucoup trop d’efforts dans nos vaines tentatives de garder nos souliers secs. On a donc décidé de marcher directement dans les pataugeoires sur notre chemin. Hyper agréable comme moment je vais pas vous mentir. L’alternance eau de pluie/gadoue a vraiment son charme. C’était très bucolique. On a su qu’on avait pris la bonne décision lorsqu’il a fallu traverser un torrent en crue avec de l’eau jusqu’aux genoux.
La deuxième heure de marche est celle où on a décidé de manger une pizza quand on arriverait. Enfin après avoir pris une douche chaude au camping. Et c’est cet objectif qui nous a poussé à allonger le pas. Motivés par la perspective d’une douche chaude, d’habits secs, de pizza et de bières, on a fait les 22km restants en 5h au lieu des 6,5-7,5 annoncées !
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| Les flaques sur le chemin. Ou le chemin entre les flaques.. Je ne sais pas.. |
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| On n'a pas beaucoup de photos parce qu'il nous pleuvait dessus quand même. |
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| Là c'est moi qui me demande quand est-ce qu'il aura fini avec ses photos et qu'on pourra repartir parce que mes chaussettes font ploch ploch dans mes chaussures quand je marche ! |
On est arrivés à notre point de départ, sans trop de mal. Hormis le fait que la pluie rendait le périple plus humide et moins agréable que prévu on n’a pas eu trop de difficultés à boucler le circuit de 60km, à peine mal aux cannes le lendemain. On en déduit que la pizza et la bière forment un excellent menu de récupération après un effort sportif !
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| "C'est vraiment vrai que j'peux tout manger ?" |
Je conclurai ce rapport par un petit bulletin météorologique tout beau tout frais : la pluie de ces derniers jours a été tellement intense que des sacs de sables sont installés à Queenstown sur les bords du lac Wakatipu. Idem à Wanaka. Le niveau des lacs de la région a légèrement monté. Légèrement..
Meilleures salutations à tous.t.e.s, cœur sur vos truffes !
Mais quel courage mes p'tits poulets!! Pas les 60 bornes car la Christelle elle aimerait faire ça mais la rando sous la pluie torrentielle... là par contre la Christelle elle détesterait grave!!! En tout cas, encore une nouvelle fois, quiite à me répéter, à faire chier tles gens qui lisent les commentaires: it's fucking beautiful!!!!
RépondreSupprimerAAH, on n'a pas vraiment eu le choix pour la pluie puisque c'est une rando qu'on avait réservée il y a 5 mois maintenant, mais en vrai ça se faut bien! ;)
SupprimerPs: on n'est pas des poulets !
Impressionnants de volonté, chapeau bas. Bon tout ca pour une pizza et bieres. Le jour ou je vous promets une mega calzone avc une pinthe et une dame blanche pour caler le tout, z'êtes capables de grimper l'Everest, 😘😘. Vraiment très beau reportage photos. Des spécimens d'australopithèques inconnus, c'est direct le prix nobel ça. Bon repos et attention aux coups de marteau gonflables. Bises
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