Ma technique pour différencier mon pied de ma main, c'est que mon pied c'est celui qui a une chaussette.


Il commençait à neiger quand l'explosion a transpercé la ville. Le vacarme assourdissant fut rapidement remplacé par un silence de mort. Long. Trop long.

Nous savions parfaitement d'où la détonation provenait, nous savions également le message tragique qu'elle nous délivrait.

Les hommes encore en ville se sont tous dirigés vers la fosse, certains pressant le pas. Même s'ils savaient déjà que leur présence ne ramènerait pas les morts, ils voulaient être là malgré tout.


Les gars ne remonteraient pas, ni aujourd'hui, ni demain.

J'aurais dû être avec eux, descendre dans la cage une dernière fois avec Merlot, Gritton, Fanch, Pierrot et les autres. J'aurai dû être mort ce jour là.


Les anciens avaient l'habitude de nous dire: "pour un mineur, la seule façon d'échapper à la silicose, c'est le grisou.".



Au loin le soleil se couchait déjà. Les terrils rougissants déchiraient l'horizon, comme si le sang coulait une dernière fois sur le charbon aujourd'hui.



Le lendemain, nous redescendions dans la fosse 87.


***


De notre côté, après notre chouette balade au Mont Cook et une portion de route semblant interminable, nous sommes arrivés à Wanaka.

Si cette ville au nom rigolo peut évoquer une chanson de Shakira, elle n'en demeure pas moins très touristique du fait du nombre de touristes qui y affluent en nombre.
Petite devinette au passage: qui est arrivé en premier, les villes touristiques ou les touristes? (La réponse est: la poule bien évidement, je laisserai cependant les biologistes vous expliquer le pourquoi du comment plus en détails dans un article à venir consacré essentiellement à la question.)



La bourgade était chouette et nous avons pu y croiser Benoît, un ami féru d'escalade et de bière avec qui nous avons pu faire de l'escalade et boire des bières.

Après quelques jours à attendre le soleil (de mémoire je dirais 2) nous nous sommes lancés dans l'ascension du Roys Peak, la balade la plus réputée du coin, très jolie mais aussi fréquentée que les bancs de l'assemblée nationale quand il faut voter l'augmentation du rab de frites à la cantine du palais bourbon, autant dire que c'est plein à craquer.


Écoutant notre agoraphobie, nous décidons de mettre une réveil à 6h pour commencer cette l'ascension de 3h aux zorores et ainsi éviter la foule. C'est désormais une certitude: nous n'aimons pas les gens.


Le coucher de soleil vu de notre free camp

Le coucher du même soleil sur une autre montagne.


A l'entente de la sonnerie du réveil le lendemain matin, nous décidons de mettre entre parenthèse ce rejet du monde pour nous concentrer sur une haine bien plus saine: celle du matin. Nous choisissons donc d'éteindre le réveil et de nous rendormir.

5h plus tard nous commençons notre ascension et il faut dire que la balade était chouette. Les paysages étaient vraiment beaux et comme la balade est assez grande et assez pentue, les gens sont tous un peu éparpillés partout, les uns en train de vomir leur poumons assis sur le sol, les autres en train de décéder à petit feu sur le bord du précipice. Nous n'avons donc pas été dérangés par la foule malgré le réveil tardif, une victoire de plus pour les fainéants!

On commence enfin la marche vers moins le quart

Broute broute...

Et ça grimpe.

Ca grimpe toujours.

Petite pause pour admirer le paysage. (C'est de l'autre coté Clélia...)

Et c'est reparti.

Petite pause crème (miam) solaire. Il s'agirait de ne pas ressembler à des Anglais.

Petite pause pause.

Et c'est reparti.

Là c'est tout le chemin qu'on a déjà fait.

Là c'est Clélia qui monte.

Latrines avec vue.

Je ne sais pas si je l'ai déjà mentionné, mais j'ai trouvé une technique très efficace pour différencier mon pied de ma main :  mon pied c'est celui qui a une chaussette!

Les gens qui font la queue pour prendre une photo. C'est rigolo.

le mont Aspiring. nommé d'après l'inventeur du médicament contre le mal de crâne (Mister Aspiring)

Vue sur la balade de l'après midi.

C'est tout là haut qu'on est montés.

Droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche, droite, gauche...

Bla bla joli, bla bla paysage bla..

Pause photo pour alimenter nos réseaux sociaux.

Pas besoin de faire la queue pour cette photo


Et c'est reparti.

Au premier plan: un moyen caillou (rocher).
Au second plan: un gros caillou (montagne).

Un gentil monsieur en croc's nous a proposé de nous prendre en photo à côté du sommet. Sûrement parce qu'il nous trouvait très beaux.

Panoramix

S'il y avait de gens, on aurait pu dire qu'ils ressemblent à des fourmis tellement ils sont petits vu d'en haut. Mais il n'y a pas trop de gens dans ce pays. Que des moutons. (Ils ressemblaient d'ailleurs à des fourmis vu d'en haut).

la pause pose bronzage de guibolles au sommet.

Les fameuses pyramides Néo-Zélandaises.

Broute broute.

Clélia: "Bonjour mignon petit mouton!"
Mouton: "Broute broute."

Mouton: "Broute."
Clélia: "Cataclop cataclop."

Cataclop cataclop

broute broute

Vent: "..."



Après avoir bouclé les 16km (aller retour) et les 1200m de dénivelé en 4h, nous nous attaquons à une autre marche plutôt sympathique vers un lac sobrement intitulé "Diamond lake".

Un petit tour de 2h30 qui aura eu pour mérite d'achever nos guibolles, et de transformer les dernières molécules d'air sain sur nos pieds en molécules d'air qui pue.



Le fameux Diamond lake, qui, malgré son nom évoquateur, ne ressemble pas du tout à l'acteur américain Matt Diamond.

Du pain pas cuit. Ni moulu. A croire que le meunier dort...

Clélia qui commence à avoir mal aux pattes. (miam des pâtes).

Le sommet.

Le sommet de l'autre côté.
"Rassemblez moi tous les mecs qui étaient de dos hier."

La plus grande touffe d'herbe de la prairie.

Ici, Clélia s'est viandée, c'était marrant. J'ai une vidéo mais en gros ça fait: "Zouip... Pounk... Aoutch!"

Nous profitons des derniers rayons du soleil pour nous baigner dans le lac à l'eau aussi claire que de l'eau de roche. En bonus, la petite plage sur laquelle nous nous trouvions était aussi fréquentée que les bancs de l'assemblée nationale quand il faut voter l'interdiction du glyphosate à 3h du matin, autant vous dire qu'il n'y avait pas grand monde.




Vous voyez Clélia? C'est le petit truc blanc qui a du mal à rentrer dans le gros truc bleu.


Après les pyramides, une île (prononcer "U Nil"). Décidément ils copient tout sur les égyptiens...

Elle est fraîche.

Session noyage de molécule qui pue.


"La vérité est un long tunnel auquel il manque le manche." (Matmata Gandhi)



Après cette baignade bien méritée, nous mangeons une glace bien méritée et retournons dans notre van pour boire une bière bien méritée avant d'entamer une nuit bien méritée. Vous l'aurez compris: nous sommes des gens méritants.



C'est bon mais c'est froid.

Clélia bicolore bronzée.


Martin bicolore brûlé.


Le lendemain nous partons en direction de Queenstown, ville très très touristique, constituée essentiellement de restaurants et de magasins attrape couillons, ce qui lui donne quelques peu un air de n'importe quelle ville en Vendée.

On a trouvé un mode pour prendre des photos de nuit sur l'appareil photo.

On pourra prendre en photo les étoiles bientôt mais en attendant on prend en photo les voitures. C'est moins bien mais c'est plus près. Au loin c'est Queenstown.

Nous nous baladons envieux de vouloir goûter les méga pizzas du bar à pizzas et les petites bières du bar à bières, mais décidons d'être raisonnables et mangeons notre habituelle salade maïs betterave dans notre van.

Nous décidons d'essayer de jouer de la musique dans la rue pour éventuellement acheter une méga pizza si la récolte est bonne mais notre ampli déchargé s'arrête à la fin de la première chanson. Chou blanc donc.


Dépités, nous quittons Queenstown meum pour aller marcher vers les montagnes environnantes. C'était très chouette regardez les photos:


Vue depuis Glenorchy.

Coin coin, Bloup.

Des canards dans un lac = Des canards laqués?

"Au loin, on vivrait sur une île, au moins, sans avoir à travailler l'agreg." (Arthuro)

Un bébé lac. 
Une balade dans la nature.



C'est joli la nature.

trouvez le mouton rigolo sur cette photo.

En fait il n'y avait pas de mouton sur la photo d'avant.

On vous a bien eu.

Les montagnes pas trop loin du départ de la Routeburn Track, une Great Walk un peu comme celle qu'on va faire bientôt.

Clélia avec ses nouveaux bâtons achetés tout spécialement pour notre rando à venir, dans l'optique de préserver ses genoux en descente.

C'est l'histoire d'un mec qui passe sur un pont...

Et en fait ses lunettes étaient tombées dans la Loire...

Mais vous savez, lui sans ses lunettes hein...

Notre chouetoto.

Clélia m'avait bien dit que ça ne servait à rien de légender toutes les photos...

Mais bon je vais pas m'arrêter si près de la fin.

Pour les geeks: C'est l'Isengard (C'est là qu'ils emmènent les Hobbits. Si vous voulez en apprendre plus à ce sujet, je vous invite à taper dans la barre recherche youtube "They're taking the Hobbits to Isengard 10 hours")

Le coucher de soleil sous un temps de chien.

Il faisait pas beau.

Tellement pas beau que ça faisait peur...

Le lendemain matin c'était un peu mieux déjà.



Au réveil, nous allons nous promener dans les alentours de Bob's Cove, chouette balade autour du lac sauf que l'on s'est un peu perdus (trois fois n'est pas coutume). Clélia s'est baignée parce qu'elle avait envie de faire pipi, et l'eau avait l'air froide. même après avoir fait pipi dedans. Ça ne devait pas être un très gros pipi j'imagine...

Je n'aime pas me vanter mais j'ai fait plusieurs ricochets sur cette plage. (il adore se vanter NDLC)

COIN

COIN COIN

*NDLC: note de la Clélia, mais on l'avait déjà dit dans un article antérieur. Vous ne suiviez vraiment rien décidément...

C'est choli.

Clélia elle a froid un peu là.

Mais elle avait vraiment trop envie de faire pipi.

Aaaah, ça soulage quand même...

Clélia qui nage dans son pipi.

Forts de notre échec du jour d'avant la veille, nous retournons jouer de la musique dans les rues ensoleillées de Queenstown, avec cette fois-ci un ampli chargé jusqu'aux dents.
Nous jouons 2 bonnes heures et amassons un beau magot de 23,10 dollars (23,30 en vrai mais Clélia à fait tomber une pièce de 20 centimes dans un petit recoin du van tellement petit qu'elle même ne peut réussir à l'attraper, vous imaginez?).

23,10 Dollars

23,10 dollars convertis en bouffe. On n'aura pas été riches bien longtemps.

Nous préparons désormais notre trajet vers Te Anau ou nous devons partir pour la Kepler le 1er décembre, une marche de 3 jours dans la montagne, probablement sous la pluie mais on ne sait pas encore, peut être qu'il fera beau! (Il y a quand même de forte chance que ça nous pleuve dessus...)


Prête pour l'aventure!!



***


Cela fait maintenant 20 ans que personne n'est plus descendu dans la fosse. Il y a 27 ans j'aurais dû mourir là-bas, avec les gars.



Nous étions les héros de la nation, les mineurs du charbonnage de France qui donnaient leur vie pour sortir la lumière des entrailles de la terre. Nous descendions jusqu'à en crever, nos corps en sursis remontaient nos poumons chargés de poussières, nous donnions notre mort pour l'intérêt général, et maintenant, plus rien.



Les derniers puits ont fermé, et nous sommes tombés dans l'oubli. Mais qu'on ne s'y trompe pas, 20 ans après on continue à mourir de la mine. On continue à mourir de l'oubli, de la silicose, de la cirrhose et du malheur. On continue de mourir mais on n'existe plus.



 J'aurais dû être avec eux, j'aurais dû être mort ce jour là.  

Commentaires

  1. Perdu c'est l'oeuf. Si on caractérise une espèce (en l'occurence la poule) par les phénotypes qu'elle présente (par exemple, avoir un bec), eh bien il y a eu plein d'oeufs d'ancètres de poule avant que le premier être vivant présentant tous les phénotypes de la poule actuelle ne naisse.
    Bella serrata. Bizzz

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La première poule de l'univers30 novembre 2019 à 01:49

      Ne l'écoutez pas, il ment. C'était bien moi la première poule, bien avant les premiers zeuf. Ah les jeunes qui oublient leurs ancêtres..

      Supprimer
  2. Que dire d'autre... que ce que j'ai dit la dernière fois?... ah oui, peut-être ça: it's fucking beautiful!!!

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire