"Suivant comment on est tourné ça change tout !"




On est jeudi, il est 8h, et la nuit de 11 heures n’a vraiment pas été de trop. Les 10 heures de décalage n’auront pas raison de nous ce coup-ci puisque nous nous sommes calés directement sur un rythme normal. C’est plutôt chouette.

A peine arrivés, il faut se mettre au travail rapidement (alors qu’on déteste ça…) puisque nous partons de Auckland le lundi suivant. Au programme donc : ouverture d’un compte en banque, création d’un numéro fiscal pour pouvoir travailler (alors qu’on déteste ça), achat d’une carte SIM locale pour pouvoir trouver du travail, et enfin achat de notre nouvelle maison sur roues. Nous attaquons cette journée avec motivation et détermination : le temps est beau, le ciel est bleu et nous n’avons peur de rien.


 Sauf qu’en fait on arrive le weekend de pâques. Zut. Pour le compte en banque c’est foutu : pas de rendez-vous avant mardi, vendredi, dimanche, lundi étant fériés, samedi étant complet, voilà. A croire que les Néo-Zélandais passent leur temps dans les banques. Connods de capitalistes.
Du coup on se met en quête d’un van, 4 rendez-vous pris au pieds du Mont Eden pour visiter les véhicules de backpackers qui s’en vont. Les vans sont rudement chouettes et on est très enthousiastes mais on ne trouve pas chaussure à notre pied, en même temps quand on a des orteils comme ceux de Martin, c’est compliqué…
On profite quand même du beau temps pour aller grimper tout en haut du mont Eden et admirer Auckland vu d’en haut. C’est assez chouette, on n’a pas l’habitude de voir des volcans. Ça change un peu des Monts d’Arrée.




Je crois bien qu'on a trouvé le trou du cul du monde...

Le lendemain rebelotte – comme disent les jeunes. On repart visiter 4 autres vans et encore une fois rien de nous convient. Les gens vont commencer à penser qu’on est difficiles.
En fait on a toute une liste de critères pour acheter notre van : 
Il nous faut un van qui n’est pas plus vieux que nous. Années 2000 grand maximum même.
Ensuite on ne veut pas un moteur qui ait roulé plus de 230 000 kilomètres. Certains vans ici montent jusqu’à 400 000 (le record est même à 750 000, vu sur une annonce Facebook.). On voudrait un truc qui ne nous claque pas dans les pattes tout de suite, même si on aime ça nous les pâtes.
Point important qui s’est rajouté au fil des visite : Nous voulons un van avec une cabine « high roof », un toit surélevé quoi. Parce qu’en fait Martin ne tient pas du tout assis dans les vans classiques, ce qui est embêtant. On voudrait dont un high roof dans lequel l’un tient assis et l’autre debout.
Enfin nous souhaitons une cuisine intérieure pour cuisiner au sec les jours de pluies ou pour rester à l’abri des piqûres de sandflys lorsqu’il y en aura. (Ce sont des sortes de petites mouches, plus petites que des moustiques, qui te piquent et font de ta vie un enfer. C’est embêtant mais ce ne sont pas les crocos de l’Australie alors restons positifs.)

Du coup la journée de vendredi n’aura pas abouti à l’achat d’un van, mais la vie a été plutôt belle et nous avons passé une grande partie de la journée allongés au soleil dans l’herbe d’un parc alors c’était quand même bien.

Le temps est bon, le ciel est bleu, la la lalaaaaaa
Le samedi on se lève tôt, c’est le carfair. Une sorte de foire au véhicule ou tous les backpackers qui s’en vont revendent leurs voitures/vans. On arrive et c’est bien plus petit que ce qu’on imaginait. D’autant plus qu’on devait faire parti des seules personnes à regarder des vans. Tout le monde nous l’a répété : c’est la bonne saison pour acheter et la mauvaise pour vendre, les gens galèrent vraiment avec leurs vans et baissent leurs prix jours après jours. Tant mieux pour nous !
Après ce petit tour de parking, toujours rien. On commence à s’inquiéter un peu puisque tous les vans qui nous intéressaient sur internet ne nous intéressent plus en vrai. On décide de prolonger notre séjour à Auckland jusqu’au jeudi, au moins pour avoir le temps de s’ouvrir un compte en banque et faire tous les papiers en cas d’achat de van (contrôle approfondi chez un garagiste spécialisé, assurance, les réparations éventuelles, etc…). On ne commence pas vraiment l’aventure tout de suite donc…

Le lendemain on est dimanche, étonnant non ?
On va à un carfair bien plus gros ce coup ci mais toujours pas de coup de foudre, rien ne rentre dans nos critères… On a bien vu des vans assez cool, plutôt grands, mais le moteur date de 1994, avec 250 000 km, ce qui nous met moyennement en confiance. 
On commence à se faire à l’idée qu’il va falloir acheter un van vide et l’aménager nous-même. Encore du travail donc… Alors qu’on déteste ça.

Nous décidons de rentrer en marchant, en passant par le parc à côté de la foire. Bien nous en a pris parce que c’est très joli. D’ailleurs on a pris pleins de photos alors on vous les montre ici, comme ça pas besoin d’écrire.


"I'm going on an adventure!"

Oukilé Clélia?


 



On cherche des annonces sur leboncoin local toute l’après-midi, on en trouve quelques unes, c’est un peu cher mais il y a toujours moyen de négocier. On trouve un van qui remplit parfaitement les critères également mais qui ne sera sur Auckland que la semaine prochaine. On prolonge donc notre séjour jusqu’au mercredi 1 mai – fête du travail, comme par hasard… Alors qu’on déteste ça.
Pour nous faire un peu dégonfler la tête après quelques heures d’écran, on décide d’aller boire une bière. Sauf qu’ici pendant les vacances publiques ils n’ont pas le droit de servir des bières aux gens qui ne consomment pas du vrai manger en même temps (les cacahuètes ça ne compte pas…). On trouve que c’est bizarre… Pas vous ?

On l'aura finalement eu notre bière. Comme quoi on n'est pas la moitié d'un trou d'balle.

Puis nous voilà déjà Aujourd’hui, lundi saint comme l’appellent les jeunes. On change d’abord d’Airbnb. Pas facile de faire de nouveau rentrer tout ce qu’on a sorti de nos valises. D’ailleurs nous n’avons pas réussi…
On pose nos affaires et c’est parti pour se faire un tour des concessionnaires sous le crachin d’Auckland. La technique pour trouver un van aujourd’hui ? Rentrer dans des boites de locations de véhicules et leur demander s’ils vendent un van. Ils n’en vendent pas. 
Après avoir fait le tour de tous les loueurs du centre-ville d’Auckland, nous rentrons bredouilles sous un crachin qui s’est transformé en pluie. Ça rappelle la maison, sauf qu’on ne sait pas trop d’où vient la pluie ici puisqu’on devrait être abrité maintenant qu’on est tout en dessous…

Il pleut donc. Après 30 minutes de débat intense avec elle-même, Clélia s’est enfin levée pour aller aux toilettes, et moi je termine d’écrire, je vais même me laisser tenter par une petite envolée lyrique histoire de clôturer le tout. Aller, c’est parti.





Nous remontions la rue Ponsoby. Le soleil était couché depuis maintenant presqu’une heure et une légère brise marine venait caresser nos visages fatigués mais heureux. Oui, c’est bien ce que nous étions : fatigués mais heureux. Les feux passent au vert, les voitures défilent et les gens aussi. La foule s’épaissit et nous submerge. Puis soudain, un éclair. Une fulgurance comme de celles qui arrivent sans prévenir quand on s’y attend le moins.
« Mais si ça se trouve les voitures roulent du bon côté étant donné qu’on est dans l’autre sens. En fait les gens conduisent à droite je crois bien… » Déclara le bel homme brun au regard ténébreux.
« C’est bien la chose la plus con que tu aies dit aujourd’hui tient ! » lui répondit le drôle d’Oupalumpa.
Le feu passa au rouge, les voitures s’arrêtèrent, et nous traversâmes la rue en silence. Nous sommes rentrés chez nous dans le silence paisible d’une nuit sans lune, et avons mangé des pâtes au pesto une fois arrivé. C’est bon les pâtes au pesto. Oh ça oui…









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